Les maisons de maîtres de barque

La commune de Lanildut peut s’enorgueillir de posséder le label du Patrimoine rural de Bretagne pour la qualité architecturale de certaines de ses maisons typiques des populations côtières de la région de l’Aber situées dans les quartiers du Rumorvan, de Kerdrévor, de Pouloupry et de Mezancou. La plupart sont édifiées dans la première moitié du XVIIe siècle et jusqu’au XVIII (voire début du XIX siècle, avant 1820) ; leurs propriétaires sont des armateurs, des patrons de cabotage.

On retrouve ces maisons dans les communes de Lanildut et de Porspoder et dans les communes environnantes comme Lanrivoaré, Bréles, Landunvez, Lampaul-Plouarzel. Selon l’étude effectuée par Olivier Moal, on recense une quarantaine de ces maisons sur Lanildut Porspoder, ce qui représente un peu moins de 10% du bâti avant 1830. Peu de maisons sont datées (exemple 1687 n°23 Rumorvan propriété actuelle de M et Mme Le Faou ayant appartenue à la famille d’honorables marchands Oliver Haouel et Marie Prat, Poulou Pri en Porspoder 1742).

On trouve également des maisons de maîtres de barques (capitaines de caboteurs à voile) avec d’autres spécificités dans d’autres ports bretons autrefois très actifs sur le plan du cabotage: Penmarch (une centaine de maisons construites entre 1490 et 1520), l’ïle Tudy (après la décadence de Penmarch au XVI siècle) premier port d’armement au commerce de la région supplanté lui même au XVIIIe siècle par Pont-L’abbé. Le port du Conquet en conserve des exemples dans la rue Saint Christophe.

Les maisons de maîtres de barques sont toujours réalisées avec du granite. L’extraction de la matière première s’effectue dans les carrières voisines ce qui réduit le coût du transport qui est à la charge de l’acheteur.

Les signes des maisons de maîtres de barques sont :

l’appareillage en granite avec un ajustage soigné des pierres (pour éviter la multiplication des joints constitués de sable et de liant et ainsi limiter les infiltrations d’eau, les grosses pierres sont installées en bas), un escalier placé souvent à l’arrière (construit dans une avancée qui rappelle celle des maisons des tisserands du Haut Léon mais qui elles ne contiennent pas d’escalier) qui conduit au premier étage, une maisons à étages et couverte avec de l’ardoise, des cheminées avec des couronnements en demi-lunes dites cheminées à l’anglaise, l’absence de cave, une cour pavée devant la maison encadrée par des dépendances plus basses qui ferment l’ensemble.
Ces maisons disposent parfois de lucarnes ouvragées comme à Audierne, avec des étages (parfois jusqu’à trois).

La spécificité des maisons de maîtres de barques à Lanildut et Porspoder réside dans l’édification de ces cheminées dites anglaises.

MAISON À CHEMINÉES ANGLAISES, TOITS SKÉQUÉS, KERVÉZENNOC

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